OpenAI a lancé GPT-6 Astra jeudi dernier. Greg Brockman, son président, a parlé d'un bond générationnel et a conclu la présentation en annonçant l'entrée dans l'ère de l'AGI.
Un mot est apparu pour décrire ce que fait ce modèle : le vibe doing.
Le principe
Jusqu'ici, utiliser un ordinateur demandait de savoir comment obtenir un résultat. Vous voulez vos dépenses de carburant de l'année ? Ouvrir le tableur, retrouver les lignes, écrire une formule, exporter en PDF.
Le vibe doing supprime cette étape. Vous dites ce que vous voulez, la machine trouve comment le faire. Elle ouvre les applications, cherche les données, clique sur les boutons.
Dans la vidéo de lancement, quelqu'un dessine un cercle jaune qui devient une fusée, puis un modèle 3D, puis un fichier prêt à imprimer. En même temps, le modèle prépare une présentation, rédige une annonce eBay et révise un contrat. OpenAI annonce aussi qu'il sait remplir des formulaires, mettre à jour un CRM et organiser un agenda.
Ce que ça change pour une petite entreprise
L'idée est séduisante. Un artisan qui dicte « prépare le devis du chantier de ce matin » et le retrouve rédigé en rentrant.
Mais il y a une nuance que personne ne pose.
Un agent qui pilote votre ordinateur a besoin de vous. Votre poste doit être allumé, la session ouverte, la demande lancée. Si vous êtes sur un chantier ou en rendez-vous, rien ne se passe.
Or les tâches qui coûtent du temps aux petites entreprises ne se déclenchent pas quand on est devant son écran. Un client réserve à 22h. Une facture arrive un dimanche. Un devis reste sans réponse depuis huit jours et personne ne le voit.
Les deux approches se complètent
Le vibe doing excelle sur les tâches ponctuelles et imprévisibles : fouiller dans des fichiers, produire un document inhabituel, faire une recherche complexe.
Pour tout ce qui revient chaque semaine à l'identique, il faut autre chose. Les rappels de rendez-vous, les relances de devis, le classement des factures, les demandes d'avis. Ces tâches n'ont aucune raison de dépendre de votre présence. Ce qu'il leur faut, c'est un déclencheur fiable et une logique claire, pas une IA plus intelligente.
C'est moins spectaculaire qu'un cercle jaune qui devient une fusée. Sur une année, c'est ce qui compte.
Un point à garder en tête
Le modèle le plus puissant d'OpenAI n'est pas en accès libre. Il est distribué progressivement, à des organisations sélectionnées. Ce que montre la vidéo de lancement n'est pas ce que vous aurez demain sur votre poste.